-ce jour-là, le lièvre et le porc-épic voyageaient ensemble. En route, le lièvre dit à son compagnon : « camarade, j’aurais plaisir à savoir comment on vous appelle.
-moi? Je m’appelle porc-épic. Et vous?
-moi? Je me nomme étranger »
Ils continuent leur chemin.
-arrivés aux villages, fatigués d’une longue route, ils demandent de la nourriture et un abri. On les loge dans une case. Le soir, un serviteur leur apporte une cuvette remplie de riz cuit à point. Le serviteur pose la cuvette sur le sol en disant :
« Le chef du village envoie ce riz aux étrangers. »
-le porc-épic veut se servir, mais le lièvre proteste : « ce riz n’est pas pour vous, camarade. Il est pour l’étranger, c’est-à-dire pour moi. Le chef vous a sûrement oublié. »
-le porc-épic reste le ventre vide.
Au milieu de la nuit, ayant très faim, il se lève, s’habille avec les vêtements de son compagnon, va dans un champ voisin, se gave de patates, d’ignames, de maïs.
Il retourne à la case, remet à leur place les habits du lièvre, se couche et s’endort. Le lièvre n’a rien vu de ce qui s’est passé.
-le matin, les habitants du village voient leur champ abimé. Furieux, ils s’en vont à la case des deux voyageurs en criant d’un ton menaçant : « ce sont les maudits étrangers qui nous ont volés ! »
-le chef de village fait venir les deux compagnons. Voyant que le lièvre a des vêtements couverts de terre, il croit que c’est lui le coupable.
« Dis-nous, porc-épic, combien de coups de bâton ton ami a mérités ?
-pas beaucoup, répond le porc-épic : deux cents seulement. »
-mais le lièvre dit au chef :
« Avant d’être puni, je prie qu’on fasse venir les cadis. » quand les cadis sont là, le lièvre leur demande de faire boire un vomitif à son camarade et à lui.
-le lièvre boit le premier. Il ne rend que du riz. Puis c’est le tour du porc-épic. A peine le porc-épic a-t-il avalé le vomitif, que le sol est couvert de débris de patates, d’ignames et de maïs.
Alors le chef demande au lièvre :
« Dis, étranger, combien de coups de bâton ton ami a mérités?
-pas beaucoup, répond le lièvre : trois cents seulement. »
La punition reçue, les deux compagnons sont renvoyés du village. Le porc-épic part en avant. Il rencontre des forgerons et leur dit : « mon boy arrive derrière ; il porte mes deux soufflets sur sa tête. Je vous les donne. »
On le remercie.
-il continue son chemin.
Quand le lièvre arrive, les forgerons l’appellent : boy, boy, viens ici.
-pourquoi faire?
-ton patron nous a donné les deux soufflets que tu portes sur ta tête.
-mais ce ne sont pas des soufflets, ce sont mes oreilles!
Il a beau crier, les forgerons lui arrachent les oreilles.
-pour se venger, le lièvre se dépêche de partir le premier. Il rencontre les enfants qui vont à la chasse. Il leur dit : « mon forgeron arrive derrière moi. Il porte mes flèches sur son dos. Je vous le donne. »
On le remercie. Il continue son chemin.
-quand le porc-épic arrive, les enfants l’appellent :
« Hep! Hep ! Viens ici.
-pourquoi faire?
-ton patron nous a donné les flèches que tu portes sur ton dos.
-mais ce ne sont pas mes flèches; ce sont mes piquants.
Malgré ses cis, les enfants lui arrachent tous ses piquants.
-le porc-épic se sauve. Il dépasse son méchant compagnon.
Il rencontre des chasseurs qui partent à la chasse au lièvre. Il leur fait signe : « chasseurs, un lièvre arrive derrière moi. Vous le rencontrez facilement : ses oreilles ont été coupées par vos camarades à qui il a échappé ensuite. »
-les chasseurs se cachent dans un buisson. Quand le lièvre arrive. Ils se lancent sur lui et le tuent.
-le porc-épic est resté là pour voir. Il est content d’être vengé. Mais voilà que les chiens l’aperçoivent. Comme il n’est plus défendu par ces piquants, les chiens se jettent sur lui et le mettent en morceaux.
Celui qui n’a pas gagné l’autre rive ne doit pas se moquer de celui qui se noie.
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